Dear Myself de Eiki Eiki

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Détails

Titre : Dear Myself

Titre original : Dear Myself

Auteur : Eiki Eiki

Nombre de tome : 1 (une suite, World's End)

Editeur : Asuka

Editeur original : Shinshokan

Prix : 7,95 euros

Genre : Boys Love (ou yaoi, c'est comme vous voulez)

Résumé : Patatra : le pire vient d'arriver à Hirofumi ! Non, celui-ci n'a pas été enlevé par les extraterrestres, comme il le suppose lui-même, mais il vient de retrouver la mémoire. Ou, plutôt, a oublié tout ce qui s'est produit durant deux années pour enfin se souvenir de son enfance perdue jusqu'alors dans les limbes de l'amnésie. Une situation pour le moins délicate, ne serait-ce que sur le plan familial et scolaire. Retrouver ses marques, c'est dur. Mais le pire reste à venir : Hirofumi ne tarde pas à découvrir que son ancien "lui" a, durant ces deux années, entretenu une relation homosexuelle avec Daigo, un camarade de classe ténébreux. Ils ont même été jusqu'à la lettre Z, rendez-vous compte ! Notre jeune héros n'a pas d'autres choix que de consulter le journal intime de son ancien "lui", afin de comprendre ce qui est arrivé à cette époque et accepter cette part de lui-même qui le dégoûte...

Critique :

(écrite le 29 novembre 2008 sur mon ancien blog, ré-actualisée pour Edenia)

Après le soporifique et alambiqué Nouveau départ, basé lui aussi sur la thème de l'amnésie, on aurait pu craindre le pire. Contre toute attente, ce tout premier manga de Eiki Eiki (coéquipière préférée de Zaou Taishi) s'avère plaisant à suivre même s'il ne révolutionne pas le genre et laisse encore de côté l'érotisme. Le dessin de la mangaka est encore un peu hésitant sur ce volume, ce qui pourra destabiliser les lecteurs de Color ou, pour les amateurs de VO, du girls love Haru natsu aki fuyu, mais on reconnaît tout de même son style, notamment à travers l'usage soutenu de trames.

Bien que doté de personnalités classiques pour un boys love (surtout quand on commence à bien connaître le genre), les personnages sont mis en scène avec cohérence. Hirofumi, découvrant avec horreur qu'il a été gay, éprouve des difficultés à accepter cet aspect méconnu de sa personnalité : avant sa première amnésie, il avait toujours détesté les homosexuels et savoir qu'il est sorti avec l'un d'entre eux le met dans tout ses états. Un comportement qui peut paraître puéril mais n'oublions pas que nous avons affaire à un adolescent devant recomposer son identité sexuelle. De son côté, Daigo nous est tout d'abord présenté comme le meilleur ami typique (ou l'amant parfait), ce qui présageait par avance un manga bien ennuyeux, mais l'auteur a heureusement eu l'intelligence de nous rajouter quelques petites surprises le concernant. Sans révéler le fin mot de l'histoire, Daigo se révèle très instable mentalement en raison d'un traumatisme et ne survit que grâce à Hirofumi. Chose que la couverture illustre parfaitement. Daigo a beau être le seme sur un plan sexuel, il n'en est pas moins faible et dépendant de Hirofumi. Des personnalités classiques, donc, mais un traitement qui essaye de s'écarter des clichés (où le seme est sauveur de l'univers devant les yeux larmoyants du uke ou bien un gros macho musclé). Ce n'est pas si mal pour un tout premier manga. De plus, le pathos employé par l'auteur, qui aurait pu rapidement être étouffant, est désamorcé par quelques touches d'humour bienvenues.

Reste que Dear Myself n'est pas exempt de défauts, le principal étant que Eiki Eiki n'a que très peu de pages pour développer son histoire (contrainte de l'éditeur) et que l'on ressent, une fois le manga terminé, un sentiment d'inachevé désagréable. Par exemple, plutôt que d'ajouter un bonus insipide sur le futur du couple, on aurait préféré découvrir un peu plus le passé de Daigo. De plus, Dear Myself laissera toujours insensible les réfractaires au boys love. Parce qu'au final, il s'agit d'une nouvelle histoire d'amour entre jeunes hommes (adolescents, adultes...) dans un univers fort peu original, trop fantaisiste pour les amateurs de réalisme, trop réaliste pour les amateurs de fantastique/policier/autre. Quoiqu'on en dise, si Pure Love est léger, il a le mérite de nous proposer un univers qui sorte des sentiers battus (du genre). Ceux qui veulent enfin un boys love qui s'intéresse à autre chose que l'amour (tout en lui laissant une place importante) devront aller voir ailleurs.

Côté édition, on trouve quelques petites coquilles mais on se félicite d'avoir une traduction plus claire que celle de Nouveau départ (à moins que ce ne soit la mangaka qui fasse des dialogues moins confus...).

Points forts :

  • De bonnes idées dans la relation uke/seme

Points faibles :

  • Trop court
  • Univers fort classique malgré tout

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