Entrechats de Cécile Duquenne

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Titre : Entrechats

Auteur : Cécile Duquenne

Nombre de pages : 380 (331 pour la version numérique, et oui c'est normal, le format de page n'est pas le même !)

Editeur : Voy'[el]

Genre : Fantasy mythologique, aventure, policier, histoire féline

Prix papier : 23 euros

Prix de l'édition numérique : 7,99 euros

Machine de test : Cybook Orizon

Format du fichier utilisé : Epub

DRM : sans

Résumé : Lorsque la dépouille d’un sphinx est retrouvée dans le désert, c’est l’occasion rêvée pour Khephren, jeune étudiant en magibiologie, de percer le mystère de ces animaux que l’on dit proches des anciens dieux.

Mais à l’heure où magie et technologie se côtoient, et parfois s’affrontent, ses découvertes suscitent inquiétude et convoitise. Prêts à tout pour s’emparer les premiers de la puissance des sphinx, Traditionalistes et Techs font payer à Khephren le lourd tribut du savoir. Tandis que le braconnage des sphinx prospère, la magie s’amenuise…

Surgit alors du désert une aide inespérée : les envoyés des dieux marchent de nouveau parmi les hommes.

Critique :

J'ai cherché le moyen d'entretenir le suspens sur mon avis. En vain. Donc, soyons directe : j'ai adoré de bout en bout. 380 pages de bonheur. J'aime les chats. Voilà. Vous savez tout.

Quoi ? Faut que je détaille plus ? Bon, d'accord...

Quand j'ai commencé à lire Entrechats, je ne savais rien du contenu. Je n'avais pas lu de critiques. Je n'avais même pas lu le résumé, ou alors tellement en diagonale que j'avais juste remarqué le côté égyptien, un point c'est tout. J'avais juste suivi d'un oeil les aventures de Cécile sur son blog il y a longtemps. En fait, ayant eu l'occasion de lire un très bon manuscrit de Cécile Duquenne en comité de lecture pour le Petit Caveau (d'ailleurs, où en est le manuscrit en question, Cécile ?), j'ai acheté les yeux fermés en même temps que Le facteur 119 de Lydie Blaizot (un autre roman que je vous conseille, d'ailleurs, même si j'ai moins accroché). Je m'attendais à un bon roman fantastico-historique, et en fait c'est un bon roman de fantasy mythologique. J'ai envie de dire : fantasy mythologique un peu comme Xena, sauf qu'il n'y a pas dans Entrechats de femmes en cuir faisant des sauts périlleux et poussant des cris qui vous vrillent les oreilles, ni Bruce Campbell en roi des voleurs. Accessoirement, je crains qu'avec cette comparaison on découvre que j'adore des trucs douteux basé sur une vision de la mythologie antique tout aussi douteuse. Donc, non, pas comme Xena, mais disons qu'on entre dans un monde où les dieux et les créatures magiques côtoient les hommes, et où la magie et la technologie se confrontent, mais à la sauce égyptienne, s'il-vous-plaît. Comme j'adore le monde égyptien depuis longtemps, je n'ai eu aucun mal à entrer dans l'univers de Cécile Duquenne. Quand j'étais gamine, je voulais être égyptologue. Ensuite, j'ai voulu être archéologue ou paléontologue, brièvement Lara Croft, puis vétérinaire, et finalement, j'ai étudié le japonais et je vais étudier le chinois. Mais revenons en à Entrechats.

Cependant, la fantasy d'Entrechats n'est pas très medieval fantasy et sword and sorcery. Si magie il y a, Cécile Duquenne a opté pour un récit plus proche du policier et de l'aventure. On suit ainsi parallèlement l'enquête d'un inspecteur qui essaye d'élucider le massacre du sphinx et de combattre une secte qui sert de couverture à une mafia tech, les cruelles mésaventures d'un jeune chercheur (Khephren) qui paye cher son intérêt pour les sphinx, la quête de vengeance d'un de ces mêmes sphinx, ou plutôt d'une sphinge et, enfin, la quête de magie du côté obscur de la force, puisque Cécile Duquenne nous dévoile aussi les tribulations de certains méchants, auxquels ont fini par s'attacher malgré tout. C'est d'ailleurs ce dernier point que j'ai particulièrement apprécié : les méchants de l'histoire ne sont pas des figures manichéennes incarnant le mal mais des êtres humains avec leurs défauts, leurs faiblesses et aussi certaines qualités.

Les personnages m'ont paru globalement crédibles, sauf peut-être pour l'âge donné à Qâa et Meskhenet, qui ont dans la vingtaine malgré leurs responsabilités (chercheur pour l'un, inspecteur pour l'autre) alors qu'on les aurait bien plus imaginé dans la trentaine. Ceci étant dit, j'ai lu après coup que c'était une demande du précédent éditeur de Cécile, L'Olibrius Céleste, mort avant la publication du roman et je n'ai pas non plus été gêné plus que cela. Après tout, on reste dans un univers de fantasy, avec ses codes, une civilisation ayant sa propre culture... Ce qui est impossible ici (diriger une thèse à l'âge de Qâa) peut l'être là-bas.

La fin laisse aussi certaines choses sans réponse. J'espère vraiment qu'il y aura un nouvel épisode se déroulant dans les Terres désertiques et/ou les Terres Croisées car Cécile Duquenne tient là un univers qui mériterait vraiment d'être étendu, enrichi et mieux exploité encore... Peut-être dans une suite ou une préquelle un peu plus adulte, non pas en terme de plus de violence et de sexe (en fait, je n'estime pas l'abandance de violence et de sexe comme quelque chose de forcément adulte), mais au sens du traitement des thématiques. Par exemple, si j'ai beaucoup apprécié l'opposition politique entre la magie et la technologie, j'ai eu un peu l'impression que cet aspect était dilué sur la fin, qu'on passait à côté de certains enjeux, alors qu'ils étaient essentiels au départ. Peut-être la faute encore aux directives du précédent éditeur souhaitant un côté plus jeunesse ? C'est dommage car certains des meilleurs romans de jeunesse reposent justement sur des choses complexes (par exemple, les symboles religieux dans les bouquins de CS Lewis) et c'est assez paradoxal quand on voit ce que se prenne dans la gueule certains personnages en matière de pertes de membres et de tortures.

Malgré ces quelques bémols, je réitère : Entrechats est un très bon roman. Le style de Cécile Duquenne est très agréable. L'humour permet de désamorcer la tension de certaines situations sans pour autant les faire sombrer dans le ridicule ou se montrer trop inapproprié. Les ellipses dans la narration sont bien amenées.

Je suis un peu moins convaincue par la version numérique proposée par Voy'[el], qui m'a paru plus calamiteuse que celle du Facteur 119. Parfois, le texte revient à la ligne au beau milieu d'une phrase, ce qui est assez gênant à la lecture. Il me semble que ce souci apparaît à partir du jour 3, p38, à la phrase "Khephren était devenu petit, ramassé sur lui-même en
position quasi foetale", ainsi qu'à la page suivante. J'en ai un autre pp117-118, à la phrase "il n'eut pas le temps d'achever son geste que le battant
se déplaçait. Son ancien ami lui adressa un sourire forcé,
sans joie, puis fit un pas sur le côté afin de le laisser pénétrer dans la maison.". Il y a aussi des points d'interrogation qui s'intercalent à la place de certains espaces. Je n'ai pas ouvert les entrailles du fichier mais je soupçonne une faute de frappe dans le code de l'espace insécable. On en a un exemple page 6-7, à la phrase : "Plusieurs fois, ils avaient fait la première page du Vallée des rois - le quotidien national?- ce qui n'était pas rien !".

Je ne sais pas comment les fichiers Epub sont créés. Pour ma part, je suis une maso qui réalise tout à la main via Sigil sans passer par un logiciel de conversion car j'ai justement constaté des problèmes de mise en page via les script de conversion. C'est plus fastidieux le premier coup mais on utilise souvent la même feuille de style d'un roman à un autre chez un même éditeur et on peut facilement automatiser certaines opérations comme la création des espaces insécables devant ou derrière les caractères qui en demandent. Ceci dit, je sais que Voy'[el] prend ces questions au sérieux et je ne doute pas que les fichiers soient corrigés.

Pour conclure, j'adore la couverture.

Points forts :

  • De la fantasy égyptienne !
  • Le côté policier
  • Magie vs technologie
  • Les personnages - humains ou pas -
  • Pas de manichéisme
  • Chats ! (quoi, c'est pas un point fort ?!)

Points faibles :

  • Un petit côté jeunesse un peu trop marqué (âge des personnages)
  • ... et justement un texte qui semble un peu hésiter entre le côté jeunesse et le côté adulte

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