Passion de sable de Rebecca Moleray

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Détails

/!\ Lu à partir du PDF fourni par l'auteur elle-même. Merci à elle.

Titre : Passion de sable

Auteur : Rebecca Moleray

Nombre de pages : 162

Editeur : Aparis (Edilivre Edition Classique)

Genre : boys love (ou yaoi), fantasy

Prix de l'édition papier : 16 euros

Prix de l'édition numérique : 4,90 euros

Machine de test : Cybook Orizon

Format du fichier utilisé : PDF

DRM : avec (a priori)

Résumé : Lil, un colon de race blanche, ne se souvient pas de son passé. Mais, recueilli et sauvé par une famille de nomades khmels, il sait qu'il leur doit la vie. Ainsi débute son existence auprès de ceux auxquels l'envahisseur voue un mépris sans limite. Au fil des jours, Lil s'accoutume à la vie errante et découvre même le bonheur avec Ako, un jeune garçon aux prunelles irrésistibles. Hélas, le voile de l'oubli dissimule des secrets contre lesquels l'amour ne peut lutter...

Critique :

Je dois avouer que j'étais un peu hésitante pour trois raisons : tout d'abord, Edilivre propose partiellement de l'édition à compte d'auteur (sous acceptation du comité de lecture), c'est-à-dire que certains services sont facturés si on les veut (couverture, correction...). Dans le cas contraire, l'auteur ne paye rien (ce qui s'avère être le cas de Rebecca Moleray, chose que j'ignorais avant de lire le livre). Même s'il s'agit d'une des rares sociétés à afficher clairement la couleur, ainsi que ses tarifs, j'ai toujours quelques craintes sur la qualité de l'ensemble des ouvrages publiés, principalement à cause des mauvaises pratiques d'autres éditeurs qui donnent une mauvaise image à ce type de formule... Ensuite, le boys love n'est pas forcément le genre le plus simple avec lequel débuter l'écriture. C'est si codifié que l'on peut avoir envie d'imiter les clichés comme si on appliquait une recette de cuisine à la lettre. Par ailleurs, lorsqu'on essaye de s'en écarter, les remarques de certains fans ne donnent pas forcément envie de poursuivre dans cette voie. Enfin, je ne suis pas très fan des romans où on alterne tour à tour entre les points de vue de plusieurs personnages (ici Ako et Lil, narrant tous deux l'histoire à la première personne).

J'avais donc des craintes, mais elles se sont vite effacées. Il est vrai que j'ai parfois senti le côté "premier roman", en raison de quelques petits tics d'écriture propre aux jeunes auteurs (de temps à autre : adverbes -ent trop fréquents, phrases un peu longues, quelques verbes dont l'usage m'a paru un peu bizarre mais je n'en suis pas sûre...). Par ailleurs, j'ai été désolée que quelques petites coquilles aient aussi échappé à la correction. Cependant, la richesse du vocabulaire, le rythme général de l'histoire (qui est courte car sans scène superflue mais pas rapide) et l'utilisation intelligente de l'alternance des points de vue m'ont vite fait oublier mes préjugés et les quelques soucis de finition. J'ai aussi été agréablement surprise par l'univers de fantasy de Rebecca Moleray, qui tout en étant pourtant assez simple, évite les poncifs du genre : pas de magie à tout va, pas d'elfes et de bêbêtes bizarres, pas de prophéties, pas de méchant(s) dieu(x) des ténèbres. Non. Juste des humains aux origines et cultures radicalement différentes et qui sa haïssent car ils ne se comprennent pas. N'allez pas croire que je crache comme certains sur tout roman de fantasy ayant de la magie, des elfes et des monstres, des prophéties et des dieux maléfiques, mais le problème c'est qu'on en publie trop et qu'il y a rarement le petit plus qui rend le tout intéressant.

Par ailleurs, Passion de sable sait aussi éviter les poncifs les plus chiants du boys love. Même si Ako est plus petit que Lil et se pose des questions sur l'Amour, il n'est pour autant pas affublé du caractère typique du uke. C'est un jeune homme valeureux et qui, sauf cas exceptionnel - et il y a cas exceptionnel dans l'histoire -, n'a pas besoin que Conan le barbare vienne lui sauver les miches. Lil, de son côté, évite de tomber dans le cliché du seme surprotecteur ou du seme psychotique. Les quelques scènes de sexe (deux, si j'ai bonne mémoire) sont dans un style qui sait à la fois se montrer cru sans pour autant verser dans la pornographie. En tout cas, nulle pudibonderie de la part de Rebecca Moleray et ça fait plaisir, surtout quand on soupire depuis des mois devant les scènes fort académiques et répétitives d'un Riley Jenson (et les fans de Riley Jenson vont me haïr si ce n'est pas déjà le cas).

Ce qui m'a beaucoup plu aussi, c'est que Passion de sable ne sombre jamais dans la niaiserie et le mauvais Harlequin (ou le mauvais boys love). Et puis, je n'ai pas envie d'en dire trop, mais Rebecca Moleray sait quand être cruelle et arrive à nous offrir une fin ni trop happy end sucré, ni trop tragique. Elle ne caresse pas le lecteur dans le sens du poil, ne lui offre pas forcément ce qu'il espère et sait le malmener. De ce fait, même si j'ai deviné assez vite certaines révélations concernant Lil, je ne me suis jamais ennuyée et j'ai frissonné plusieurs fois en me demandant comment tout cela allait se terminer.

Cependant, comme tout ne peut être entièrement positif, je finirai sur un conseil à l'auteur. Je sais qu'Edilivre demande une certaine somme pour une couverture plus personnalisée. Cependant, la couverture de Passion de sable telle qu'elle est aujourd'hui ne lui permet pas de se détacher sur les sites de vente. Et c'est bien dommage car c'est un court roman qui mérite le coup d'oeil. Par ailleurs, et là c'est du ressort de l'éditeur hélas, le PDF n'est pas vraiment conçu pour la vraie lecture numérique (sur liseuse) et le format le plus apprécié est l'ePub. J'ai de la chance car mon Orizon me permet de lire ces PDFs à peu près confortablement mais ce n'est pas le cas de toutes les machines. La version que j'ai reçue été exempte de DRM mais j'ai cru aussi comprendre, d'après le site d'Edilivre, qu'il y en avait. Or, c'est aussi un frein à l'achat, car il gêne l'utilisateur honnête sans empêcher le piratage. Ces deux petits points sont regrettables car le prix de cette version numérique est vraiment correct et bien en deçà du prix du papier. Bon, Rebecca Moleray n'y peut pas grand chose mais peut-être qu'Edilivre pourrait changer sa politique si plusieurs auteurs se rendent compte de ce problème...

Points forts :

  • Peu de clichés de fantasy
  • Peu de clichés boys love/Harlequin
  • Pas de niaiserie
  • Court mais bien ficelé
  • Pas de pudibonderie pour le sexe
  • Globalement bien écrit...

Points faibles :

  • ... mais encore quelques petits défauts d'écriture
  • Quelques coquilles oubliées
  • La couverture
  • La politique numérique d'Edilivre (mais l'auteur n'y peut rien)

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Commentaires   

 
Tatsu
0 #1 Tatsu 19-03-2011 16:15
Je vous mets un lien vers un article de Rebecca à propos de son éditeur, pour mieux comprendre le fonctionnement de ce dernier. Lien qui répondra également à certaines question de Roci ;)
sherryn-lectures.skyrock.com/. ../
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Roshieru
0 #2 Roshieru 19-03-2011 17:08
En fait, je me suis peut-être mal exprimé, mais c'est plus ou moins ce que je dis. En plus détaillé et clair.

C'est une forme de compte d'auteur car ils vendent des services gratuits en compte d'éditeur - correction, couverture, promo. Mais si tu choisis la formule de base, ce n'est plus du compte d'auteur, comme le signale Rebecca, sauf que je ne pouvais pas savoir qu'elle avait pris cette formule XD Comme il y a moins de coquilles que dans certains bouquins de Milady (oups, je l'ai dit !), je pensais vraiment qu'elle avait pris ce service de correction. Là où c'est du bon compte d'auteur/presta tion de service, c'est qu'ils expliquent noir sur blanc ce qu'ils font et ne font pas gratuitement.

Je tiens à préciser que je n'ai pas spécialement une dent contre le compte d'auteur, l'auto-édition et les formules intermédiaires. Mais il est clair que tomber sur un bon livre est encore plus difficile (déjà que tomber sur un bon livre en édition classique...).

Sinon, pour apporter de l'eau au moulin, l'histoire du payement à partir de telle somme annuelle, ça me paraît correct. Chez un de mes éditeurs, c'est 20 ou 30 euros. Si on a que 15 euros, c'est reporté à l'année suivante (avec un cumul, évidemment). On peut trouver ça choquant mais il faut se mettre à la place de la compta : faire des chèques ou des virements de 5 euros, c'est pas fun.

Et le truc de dépenser Xeuros en démarchage, je connais >_< Heureusement ! Aujourd'hui, la plupart des micro/petits éditeurs, autrement plus accessibles, prennent les .doc et/ou les .odt, ce qui ne coûte plus rien. Au final, on a juste la déception du refus XD
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Roshieru
0 #3 Roshieru 19-03-2011 17:34
Je me réponds à moi-même pour signaler que j'ai rectifié mes propos au début de la critique, afin de ne pas induire les gens en erreur.
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