Les dieux du fleuve de P.J. Farmer

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Détails

Titre : Les dieux du fleuve

Titre original : Gods of Riverworld

Auteur : Philip José Farmer

Nombre de tomes : 5 (original et VF poche) et 4 (VF, édition Robert Laffont, collection Ailleurs et demain)

Editeur : Robert Laffont, collection Ailleurs et demain (il existe d'autres éditions)

Editeur original : (à venir)

Prix : 6 euros en poche

Genre : SF, voire fantastique (ça dépendra de la sensibilité des lecteurs)

Résumé :
Ainsi meurt toute chair : Tom Mix, bien avant sa rencontre avec Jack London, est confronté à un inquisiteur qui aime un peu trop passer les gens par le feu. Il est accompagné dans sa fuite par deux juifs, dont l'un se nomme Yeshua...
Les dieux du fleuve : Burton et les survivants qui ont atteint la tour à l'issue du précédent volume sont à présent confrontés à un vaste problème : Loga est assassiné, l'ordinateur refuse de répondre à certains ordres et un dangereux inconnu rode dans la tour.

Critique :

Quand on croit qu'il n'y en a plus, y en a encore... et cette fois-ci, on rempile pour deux novellas ! Youpi ! Ou pas.

Quand même, j'ai appris un truc super méga génial en lisant Ainsi meurt toute chair : Tom Mix est le sosie de Jesus et tout le monde les confond. Pardon. Le sosie de Yeshua, en fait. Bon, l'identité de Yeshua n'est pas vraiment un spoiler puisqu'on voit la révélation venir gros comme un camion dès sa première apparition. Pensez donc ! Un Juif, pacifiste (oh !), appelé Yeshua (qui se traduit par Jesus comme beaucoup de gens le savent - j'espère...), ayant soit-disant côtoyé le vrai Jesus (suspens), ayant été atteint d'une illumination dans le désert ou quelque chose dans ce genre (...), ayant rejeté Dieu suite à une grosse désillusion après la résurrection (vraiment, je ne vois pas !). Alors, était-ce voulu par l'auteur ? Je n'en sais rien. Je n'en ai pas l'impression vu la tirade finale de Yeshua. On aurait cru la révélation finale d'un film de M. Night Shyamalan. Le truc qui devrait nous faire dire "ah oui ! Mais bien sûr", en escomptant que le sommeil ne nous ait pas frappé avant. Je crois que pour Farmer, on aurait dû deviner seulement à ce moment là. Sauf que ça ne marche pas pour peu que l'on ait trois sous de culture.

 

Et dire que le messie faisait le con à cheval pendant tout ce temps !

Pourtant il y avait de la matière mais on a l'impression que Farmer hésite à aller trop loin en utilisant le personnage de Jesus dans son monde et, finalement, le fils de Dieu correspond plutôt aux attentes les plus consensuelles. Il est un peu désabusé mais on ne peut pas dire qu'il révolutionne sa façon de penser ou qu'il s'avère en fait un royal salaud ayant manipulé son monde à l'époque. En fait, c'est même un sacré brave gars. Il faudrait vraiment être profondément croyant et dépourvu d'humour pour en être surpris voire choqué. Quant à ce délire vis-à-vis de sa ressemblance avec Tom Mix (et inversement), je n'en ai toujours pas vraiment saisi l'utilité, à part peut-être une toute petite scène où on le prend justement pour Jesus (moui). Sans compter que ça me paraît ethniquement invraisemblable, mais passons... Enfin bref, le traitement de Jesus est une déception alors que Farmer en avait eu des grosses en faisant de Goering un héros.

L'autre problème de Ainsi meurt toute chair, c'est qu'au final elle n'apporte rien de neuf. On a encore une démonstration de fanatisme, ici religieux. Tout cela tend à rappeler l'épisode de Burton chez Goering dans le premier volume. Comme ici tout le monde peut ressusciter, Farmer en profite pour couiquer ses personnages sur la fin, ce à quoi on s'attendait aussi.

Cependant, Ainsi meurt toute chair reste plaisante à lire, ce qui n'est pas forcément le cas des Dieux du fleuve qui donne donc son nom au livre.

Au départ, la novella part avec une bonne intention : écrire une suite au quatrième et ultime (on rigole) volume, dont la fin se voulait mystérieuse au possible. Bon, pourquoi pas ! Sauf qu'ici, on atteint vraiment le summum du grotesque, entre des longueurs et des répétitions à n'en plus finir, mais aussi des personnages fourbes qui s'avèrent encore plus fourbes que ce que l'on croyait alors qu'ils étaient censés n'être plus fourbes à la fin du quatrième volume puisqu'ils avaient révélé la vérité. Enfin, il s'agit surtout d'un personnage.

J'ai aussi été chagrinée par ce qui m'a (encore) paru être des incohérences. Principalement une allusion selon laquelle Frigate a été prisonnier de Goering. Sauf que le Frigate de la nouvelle n'est pas censé être le même. Il s'agit de son "jumeau". Est-ce que je deviens aussi folle que les habitants du monde du fleuve ? Je n'en sais rien, mais il  m'a fallu relire plusieurs fois la phrase en question et c'était très difficile car le livre voulait me tomber des mains pour ne pas y revenir. Il y a aussi un autre détail qui me perturbe concernant l'origine de la religion de la seconde chance mais je n'ai pas eu le courage de réouvrir le volume quatre pour comparer les deux versions.

Notons que la novella ne nous épargne pas les longueurs. Oui, je sais, je l'ai déjà dit ! Mais c'est que j'ai tellement été choquée ! En entamant cette histoire, je me disais : "ok, là c'est une novella, Farmer ne peut pas se permettre d'être bavard". Pardonnez-moi, mais j'étais encore pure et ignorante ! Le récit en lui-même aurait pu être assez court mais... Farmer en a décidé autrement. On a le droit à un rappel de la bio de Burton. De la bio Li Po. De la bio de Frigate. De la bio d'Aphra. Et j'en passe. Juste histoire sans doute de vérifier si le lecteur ne s'était pas endormi sur les précédents volumes.  On a aussi le droit à des inédits, comme la bio de Jack l'Eventreur selon Farmer (ou Knight, l'auteur chez qui il semble prendre sa version, en le citant généreusement ceci dit). Farmer, dans son affection à notre égard, nous offre aussi une foule d'informations passionnantes sur des personnages dont l'utilité est plus que discutable. Oui, on aura même le droit à un bout de la bio du pédophile incestueux de tel coin paumé des USA (ou de l'Angleterre ?). On meuble, on meuble, on meuble, tant et si bien que seuls les fans et les masochistes parviendront à arriver au bout. Et, là, je dois avouer avoir commis un crime odieux : je n'ai pas vraiment réussi à aller au bout. Alors qu'il ne me restait qu'un quart, j'ai été lire un résumé de la fin. La dernière fois que j'ai abandonné un bouquin (autrement que par manque de temps), c'était Dogra Magra, mais principalement car il était trop complexe et tortueux sur le plan psychologique. J'y reviendrai sans doute dans quelques temps.

L'idée de cette novella était pourtant intéressante : confronter les héros de l'ultime volume à des choix moraux en les mettant seuls à la tête de la tour. Sa mise en place est une horreur. On a aussi le droit à un certain nombre de poncifs philosophiques qu'on voit au lycée (du genre : si on avait l'occasion de tuer Hitler, est-ce qu'il serait moral de le faire ?).

Ajoutons à cela, mais là ce n'est pas la faute de Farmer, que mon édition (ancienne, je sais) est blindée de coquilles, comme des mots manquants. J'espère que la chose aura été corrigée sur les rééditions.

Je pensais que la saga du fleuve de l'éternité s'arrêtait après ça, mais je suis tombée sur une page en anglais évoquant des nouvelles en plus. Il y a aussi des continuations d'autres auteurs. Je ne crois pas m'abuser en déclarant avoir lu le plus important de la saga. Et je ne vais pas m'abuser plus en allant voir ce que donne le reste. Ce serait... de la perversité ! Et la perversité, c'est comme le chocolat : faut pas en abuser...

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