Punk's not dead d'Anthelme Hauchecorne

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Détails

/!\ Lu à partir de l'édition numérique

Merci à la maison d'édition et à l'auteur pour le SP.

Titre : Punk's not dead

Auteur : Anthelme Hauchecorne

Nombre de tomes : 1 (mais techniquement le second volume de Cercueil de nouvelles, dont le 1er est Baroque'N'roll)

Nombre de pages : 463 pages

Éditeur : Midgard

Prix : 16,50€

Genre : SFFF

Résumé : À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ? Qu’adviendrait-il si le QI des Français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, l’an 1789 version 2.0 ?
Est-il bien sage pour un succube de s’amouracher d’un simple mortel ?
Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ?
Et si La Mort s’accordait un repos mérité ?
Treize nouvelles. Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux.
Ne laissez pas vos neurones s’étioler, offrez une cure de jouvence à vos zygomatiques. Cessez de résister, accordez-vous une douce violence…
De toute évidence, ce recueil a été écrit pour vous.

Critique :

Parmi la génération récente d’auteurs de SFFF francophone que j’ai pu lire, Anthelme Hauchecorne est sans aucun doute celui dont l’écriture se révèle la plus intrigante et la plus travaillée. Je n’avais jamais eu l’occasion encore de découvrir son univers, mais j’ai pu constater que ceux qui me l’avaient conseillé ne s’étaient pas trompés. Punk’s not dead, avec ses histoires appartenant à des genres variés (et même à la littérature blanche pour l’une), est en tout cas une excellente mise en bouche qui m’a donné envie d’en lire plus.

Il faut dire que ce « cercueil » débute fort avec Décembre aux cendres, histoire post-apocalyptique à l’univers aussi sombre qu’intriguant et aux personnages marquants, qu’ils soient attachants ou inquiétants. Dans cette histoire où les enfants exploités grattent la suie d’une ville morte pour découvrir des trésors, la plume d’Anthelme Hauchecorne révèle déjà toutes ses qualités : celle de nous transporter dans un monde oppressant tout en nous faisant oublier ce qui nous entoure (une heure de trajet de bus taïwanais me concernant). Autant dire que l’issue de la nouvelle, abrupte et ouverte, a été un crève-cœur et l’unique défaut de ce premier voyage. Décembre aux cendres possède un univers complexe, trop pour une simple nouvelle. J’espère retrouver sa jeune héroïne budapestoise dans un prochain roman.

La nouvelle suivante, Sarabande mécanique, baignedans un monde de science-fiction steampunk uchronique (ouf, ça c’est du genre). Ici, plus d’enfants au service d’une entreprise à la morale douteuse, mais des gentlemen « anglais » décidés à régler un affront par un duel. Le style se fait un peu plus simple, mais sans rien perdre de son efficacité. La fin, horrible à souhait, ne pouvait être différente compte tenu de l’humour noir plus marqué. Les âmes sensibles apprécieront sans doute moins… Et ce n’est pas le morceau qui suit, NO FUTURE ou l’Apocalypse selon Johnny Rotten qui va alléger leur cœur, puisque l’auteur de ce journal intime, dernier punk autoproclamé du Royaume-Uni, n’est plus qu’un cadavre trop bavard. Le thème du zombie, bien qu’éculé, trouve ici une nouvelle fraîcheur. Toute temporaire, parce qu’un zombie, ça perd ses doigts dans tous les coins.

C.F.D.T ou les origines de la Confédération des Fantômes, Dragons et Trolls se pose tout de suite comme un récit de fantasy plus léger, même si pas forcément absent du mauvais goût qu’affectionne l’auteur, à l’image du ventripotent mal léché et alcoolique que constitue le Père Gracchus Boeubaffe. Après autant d’horreurs dans les trois précédents opus, il m’a paru incroyable que celle-ci se termine sur une note bien plus positive.

Enchaînement logique au précédent récit, Sale petite Peste ! est un hommage à Terry Pratchett et en reprend l’un des plus célèbres personnages : La Mort. Malheureusement, cette nouvelle moins personnelle est celle qui m’a le plus désappointée. Comme j’ignorais en la débutant qu’il s’agissait d’un hommage, j’ai eu du mal à rentrer dans le récit puisque, logiquement, beaucoup d’éléments me rappelaient Pratchett et que j’ignorais si c’était voulu ou non, et avec quelle intention. Je pense qu’une note au tout début n’aurait pas été de trop. Car, malgré tout, cette nouvelle présente de bonnes idées et se montre assez intelligente dans son hommage pour ne pas se limiter à être une simple « fanfiction ».

Le court texte Les gentlemen à manivelle, baignant à nouveau dans une SF à la teinte steampunk, propose avec un humour une réflexion sur l’humain et la robotique de plus en plus envahissante dans notre quotidien. Bien que la lecture soit toujours aussi plaisante, elle paraît un peu plus anecdotique face à des textes comme Décembre aux cendres. La chute est néanmoins surprenante.

Retour à une ambiance plus sérieuse et noire avec La guerre des Gaules, seconde nouvelle à présenter une originalité de composition, puisqu’il s’agit ici de la transcription d’un documentaire. Les thèmes abordés sont aussi intéressants qu’inquiétants et trouvent un écho avec l’actualité récente. La France pourrait-elle sombrer comme celle de cette nouvelle ?

Voodoo Doll sonne comme un fragment volé à un roman policier plus vaste. L’ambiance est réussie, mais on reste un peu sur sa faim. Heureusement, elle est suivie par De profundis, qui met en scène d’imposants dragons dans les profondeurs de nos océans. J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle plus complexe et ses héros non humains.

La ballade d’Abrahel est une réécriture d’un conte ancien (la version originelle est d’ailleurs présente à la fin). Comme l’on pouvait s’y attendre à la lecture des précédentes histoires, ici rien n’est blanc et noir à l’inverse du récit original. Anthelme Hauchecorne parvient encore une fois à poser les bases d’un univers complexe et à s’approprier les mythes pour mieux les détourner. Comme avec Décembre aux cendres, j’ai éprouvé des difficultés à quitter cet attachant succube.

Plus poignant, Le Buto atomique s’attaque au cas difficile des essais nucléaires dans certaines régions du monde, sans se soucier du sort des populations locales. Difficile de ne pas être ému…

Seul texte réaliste du recueil, La grâce du funambule est une réussite… qui m’a permis d’apprendre (après vérification sur google) que le parc Barbieux juste à côté de chez moi est (était ?) apparemment un lieu de rencontres gays. On en apprend tous les jours : j’avais surtout remarqué les wesh wesh à partir d’une certaine heure. Les gars, vous aimez vraiment vivre dangereusement. Digression mise à part, Anthelme Hauchecorne parvient à briller dans un genre auquel il est peu habitué.

Le Roi d’Automne, en se réappropriant le folklore celtique, conclut le recueil avec brio (et une touche de cruauté bienvenue). Cette ultime lecture m’a décidé à acquérir le série Sidh qui, je le sens après avoir lu ce recueil, n’aura rien à voir avec les textes d’urban fantasy qui fleurissent ici et là. Vivement l’adaptation en film par Guillermo Del Toro (oui, les monstres de cette histoire m’ont fait penser, allez savoir pourquoi, au Labyrinthe de Pan).

Toutes ces nouvelles sont précédées d’illustrations de Loïc Canavaggia et il faut avouer que le résultat est magnifique. Par contre, l’illustration présente dans le texte De Profundis pour séparer les chapitres m’a laissée perplexe : bien que petite, l’image ressemble à s’y méprendre à un concept art du Lagiacrus de MH3. (edit : un souci dû à une erreur de la banque d'images libres de droit dont est issu le clipart)  Midgard a aussi encore des progrès à faire en matière d’epub. Je ne parlerai pas de l’intégration des illustrations, qui est une opération complexe à cause du format et qui globalement est réussie. Mais les polices spéciales, notamment dans les dialogues de la mort, ne s’affichent pas toujours correctement. Il est certain que la version papier pour un tel ouvrage reste le meilleur choix. Edit : Après vérification, le problème de police était un bug temporaire de ma liseuse. La police est apparu correctement quand j'ai voulu re-vérifier ce point.

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