Incarnations de Xavier Bruce

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Détails

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Titre : Incarnations

Auteur : Xavier Bruce

Nombre de pages : 250 pages (papier) et 182 pages (édition numérique)

Editeur : Le Belial'

Genre : horreur

Prix de l'édition papier : 15 euros

Prix de l'édition numérique : à partir de 5 euros ; l'éditeur permet de donner plus si on le souhaite

Machine de test : Cybook Orizon

Format du fichier utilisé : Epub (disponible en PDF aussi)

DRM : sans

Résumé : Incarnations ?
Une ancienne charcuterie industrielle. Un lieu clos, labyrinthique et interactif. Un vieil artiste : Antonin Fabrio, cinéaste et sculpteur sulfureux. Cinq personnes — trois hommes, deux femmes — recrutées pour participer à une expérience extrême. Moyenne d'âge : entre vingt et trente ans. Cinq prisonniers volontaires, enfermés dans ce bâtiment où ils deviennent une matière brute entre les mains du vieil homme. Et très vite, les motivations réelles d'Antonin Fabrio apparaissent : réaliser une œuvre totale et définitive, faire de l'art avec du vivant — transformer ces cinq individus en « bioacteurs » pour les amener à incarner des personnes disparues. La métamorphose commence. Dans la douleur. Car Fabrio est prêt à tout pour parvenir à son but : torture mentale, manipulations, violences physiques... Dans ce lieu fermé, la terreur s'installe. Et pourtant les cinq « bioacteurs » investissent le jeu, apprennent à survivre, à se gérer individuellement et collectivement. À l'intérieur de ce chaos permanent mais orchestré, chacun ira au bout de lui-même, au bout de l'expérience...

Incarnations ?

Critique :

Même en lisant le résumé et quelques commentaires sur le forum de Le Belial', je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce court roman : une histoire horrifique à la Saw comme le laisse supposer la couverture et le résumé ? Un thriller psychologique ? Un hommage au cinéma bis à travers les machinations de Antonin ? Autre chose d'autre ?

Ce qui est certain, c'est qu'Incarnations est l'exemple typique du roman qui divise. Non pas qu'il existe un seul roman faisant l'unanimité, mais le texte de Xavier Bruce est vraiment particulier, jusque dans son écriture. Les phrases sont souvent courtes et nominales. Le temps employé est le présent. Dès les premières lignes, j'ai eu l'impression de voir un scalpel en train de découper des tronçons de texte. Cela confère une certaine froideur chirurgicale au récit. Ou bien, encore, un côté script de film, car on oscille aussi entre le point vu du narrateur - à la première personne - et celui des autres personnages - externe -. Si j'ai parfois trouvé la narration de divers passages bien trouvés, j'ai aussi eu l'impression qu'on dressait une barrière entre moi, les protagonistes et leur ressenti. Que ce rythme haché et particulier n'était pas toujours bien vu, voire carrément lourd par endroit. Or, ce style reste d'un bout à l'autre du roman. Il ne change jamais selon les personnages.

Je dois avouer que, sans avoir détesté ce roman, je suis tout de même restée perplexe, si ce n'est hermétique à son contenu. Je n'y ai pas trouvé autant d'horreurs que je m'y attendais, surtout au vu du résumé. Je l'ai même trouvé relativement soft, tant au niveau de la violence qu'au niveau du sexe. Peut-être que certains trouveront ça insoutenable mais ce n'est pas mon cas. Je n'ai pas non plus réussi à m'attacher aux personnages. Non pas à cause de leur bizarrerie mais surtout car ils sont assez vides si on va au delà de celle-ci (le paroxysme étant le narrateur lui-même). Je suis aussi gênée par les nombreux blancs du scénario, la façon dont les bioacteurs incarnent leurs personnages comme si la chose leur venait comme une évidence ou encore les aspects fantastiques (je ne vois pas comment les qualifier autrement) qui se manifestent comme si, encore une fois, c'était l'évidence même. La fin elle-même m'a paru pour le moins nébuleuse. Peut-être suis-je totalement passée à côté du propos ? Ou bien qu'il n'y a justement pas de propos ? Le tout m'a parfois fait penser aux films de Cronenberg - pas les récents, mais les anciens comme Vidéodrome -, sauf que les thématiques en arrière plan me semble bien plus perceptible chez lui. Si le but de Xavier Bruce était de dérouter son lecteur, il a réussi son coup.

Au niveau de l'édition numérique, j'ai remarqué un grand nombre de coquilles, notamment au niveau des majuscules accentuées qui ne sont pas passées et restent en minuscules. Il y a aussi des Ê à la place de ET, je ne crois pas que c'était voulu... J'ai aussi constater une certaine lourdeur dans le changement de page à partir du milieu du bouquin environ jusqu'à la dernière partie, plus courte. Sans doute une feuille de style trop chargée. Ceci étant dit, Le Belial' a pour habitude de corriger ses versions numériques, donc je ne doute pas que cette première "édition" sera améliorée d'ici peu de temps.

Quoi qu'il en soit, Incarnations est un roman si particulier et déroutant que je serais bien incapable, pour une fois, d'indiquer ses points forts ou points faibles comme pour les autres.

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